ANALYSE PSYCHANALYTIQUE DES LIENS ENTRE PASSAGES A L’ACTE PEDOPHILIQUES ET TRAUMATISME PSYCHIQUE

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Nicolas SAJUS

  • Docteur en psychologie clinique et psychopathologie
  • Docteur en Sciences du langage – spécialité psycholinguistique
  • Psychanalyste – Psychothérapeute
  • Conseiller conjugal et familial – Sexothérapeute
  • Psychocriminologue
  • Membre CUMP et AFORCUMP/SFP
  • Laboratoire de recherche : CRPMS (ED 450)-Université de Paris – Paris Diderot
  • Enseignant / chercheur en psychologie et psychopathologie
  • Expert près la Cour d’Appel de Montpellier

 

Résumé/Summary

La notion traumatique présente plusieurs voies électives quant à la construction du sujet.
Cette perspective tient de la dialectique complexe entre liens intrapsychiques du sujet et monde extérieur. À la lumière d’un exemple clinique nous souhaitons présenter la construction d’un sujet de structure perverse et pédophile. Nous tentons de souligner l’interrelation du concept de traumatisme avec la destructivité du sujet en regard d’enjeux qui s’orientent vers la perversion plus spécifiquement la pédophilie. Il s’agira également d’aborder la prise en charge de ce type de clinique
Mots clés : traumatisme, pédophilie, psychocriminologie, perversion
The traumatic notion presents several elective paths as regards the construction of the subject.
This perspective stems from the complex dialectic between the subject’s intrapsychic links and the outside world. In the light of a clinical example we wish to present the construction of a subject with a perverse and pedophile structure. We attempt to underline the interrelation of the concept of trauma with the subject’s destructiveness with regard to issues that tend towards perversion, more specifically pedophilia. It will also be a question of addressing the management of this type of clinic.
Keywords: trauma, pedophilia, psychocriminology, perversion

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Cas clinique

Patrick, dit « Frère nounours »[1], a 58 ans. Il m’est adressé dans le cadre d’une injonction de soin suite à des actes de pédophilie. Il a été condamné à 5 ans de prison (la plupart des actes étant prescrits la peine est réduite). Le travail sur la demande de prise en charge ne lui pose aucun problème, car Patrick a reconnu tous les faits et est demandeur du suivi.

Issu d’une famille bourgeoise, il décrit une mère « toxique, incestueuse » et un père distant affectivement. Il prend conscience tardivement qu’il a été battu : « C’était une normalité que je n’avais jamais nommée, cela fait à peine 4 à 5 ans que j’ai posé ces mots »). « Un jour, il m’a obligé à avaler des carottes alors que je ne les aimais pas. J’ai tout vomi. Il m’a imposé de manger mon vomi ». Il parle d’un père qui a été victime de violences de la part de son propre père, militaire. Il a été en Algérie et reste traumatisé par les évènements vécus, décrit-il. Son père était dentiste et saltimbanque, selon son discours. Sa mère, femme au foyer. Elle est décédée quand il avait 3 ans. Il n’a aucun lien relationnel avec ses frères et sœurs sauf avec son frère de 16 mois son cadet. « J’ai vécu mon enfance au sein d’une famille de 5 enfants, me situant au milieu. J’étais fusionnel avec mon frère du dessous ». Il se définit comme un enfant turbulent notamment à l’adolescence mais un élève sérieux. C’est à peu près tout ce qui me reste de cette période. « C’est certainement dû à la neutralité, à la banalité de cette première partie de ma vie » peut-il dire. Il évoque de nombreuses amnésies. A la mort de sa mère, il parle d’une relation de fusion avec ce frère pour pallier le manque affectif.

Vers ses 11 ans, entrant en 6e, il évoque de fortes tribulations intérieures pulsionnelles : « J’éprouvais le trouble, l’incertitude, et je me posais les questions existentielles comme : Qui suis-je ? Que fais-je ? Où vais-je ? Je sortais de ma chrysalide, je traversais cet instant transitoire de la puberté ». Il est toujours dans une dimension fusionnelle avec son frère. Il dit se « sentir attiré par l’enfant qu’il était. » Durant cette période de puberté, il ne trouve pas autour de lui de personnes à son écoute. « Je n’avais pas d’amis, je me sentais aussi différent. J’avais une sensibilité pour l’art, la musique classique. Mes copains étaient plus tournés vers le sport, les motos, etc. ». Il subit des railleries, des moqueries et du désintérêt là où il attendait du soutien et de la compassion. « Je souhaitais qu’on me voit, j’avais le sentiment de devenir transparent, invisible … J’ai pensé que j’étais sans valeur ». Alors il décide d’être un élève assidu. Il ne se sent pas aimé par ses parents mais décrit un grand lien d’affection pour ses grands-parents maternels qui le prennent en charge.

Vers ses 16 ans, il y a une rupture complète avec son frère. Il entre au lycée et s’oriente vers une filière artistique. « J’ai mis tout mon cœur à l’ouvrage, je voulais oublier mon frère. Je voulais être le meilleur, j’étais le meilleur. J’ai placé toute mon énergie car je voulais rentrer au conservatoire… Je progressais rapidement et facilement. J’ai été récompensé. J’ai réussi, haut la main, avec une mention Très Bien à mon bac. Je crois bien que j’étais heureux, seul (bien que je vivais encore chez mes parents), mais heureux ».

À ses 20 ans, en faisant son service militaire il découvre de nouveaux horizons : il s’amuse et commence à boire et consomme de la drogue quelquefois : « C’est l’âge où j’ai eu des copines ». Mais également il peut dire : « Je me suis aussi lié d’amitié avec un jeune enfant d’une dizaine d’années. Je le voyais le week-end car j’étais bloqué à la caserne. Je l’ai rencontré dans un square, et j’avais plaisir à le retrouver régulièrement. Je voyais en lui un fils, il espérait en moi un père. » « Je n’éprouvais pas de honte. En fait, comment avoir honte de ce qui me plaît et m’attire ? … Par contre j’éprouvais de la peur, oui, la peur de transgresser l’interdit. Alors, j’ai mis un mouchoir sur ma vie affective, puis une serviette, puis une serpillière, puis une chape de plomb. Je n’arrivais à rien contenir et ça a débordé quand même ». L’aveu implicite de pédophilie commence là.

Il se réfugie à nouveau dans les études. Il obtient le premier prix du conservatoire en chant et au piano. C’est à l’âge de 24 ans que ce musicien et professeur de musique, qui est alors « accro » aux stupéfiants, fait la connaissance d’une communauté religieuse catholique. Il y rencontre le fondateur dans les années 1970. « C’était les élans de mai 1968, tout était possible, même l’impossible ». Patrick veut se délivrer de ses pulsions et cette communauté, influencée par les mouvements pentecôtistes américains, correspond à ses attentes pour guérir son mal-être. Grâce à sa passion et sa virtuosité pour la musique, il est nommé chantre[2] de la communauté (il compose des chants religieux et se charge de l’animation musicale). Ce poste le place sous l’autorité directe du fondateur, lequel lui demande de composer toute la liturgie de la communauté. Ce fondateur dans son autobiographie écrit « guérir Patrick de son addiction grâce aux prières » dites « de délivrances ». Patrick avoue ses penchants pédophiles à la hiérarchie ecclésiale, mais aucune mesure n’est prise institutionnellement. Il est « déplacé » comme un simple « déplacement du problème ». Il trouve un vivier de jeunes au sein de la communauté, lui permettant d’assouvir toutes ses pulsions.

Patrick, pendant les 18 années qui suivent, procède à des attouchements à caractère sexuel sur cinquante-sept enfants, âgés de 3 à 16 ans. Ceci à l’occasion de ses séjours dans différentes maisons de la communauté. Malgré la loi sur la prescription, vingt-huit victimes officiellement sont reconnues par la justice 21 ans après les faits. « Frère nounours », comme le nomme les enfants au sein de la communauté, est condamné à cinq ans de prison ferme, avec incarcération immédiate à l’issue de son procès. À l’audience, Patrick reconnait l’intégralité des faits. Il demande « pardon du fond du cœur » selon ses mots. « Ce que j’ai fait est monstrueux ». Il peut clairement décrire qu’il ne faut pas qu’il soit en contact avec des enfants. Il peut dire que l’affaire lui a permis de libérer sa conscience en faisant l’aveu de sa pédophilie. Il espère aider les victimes en leur demandant pardon devant le juge et en étant sanctionné.

Durant son suivi, je mesure que son attrait pour les enfants demeure présent. En effet, à distance du jugement, sa prise en charge met en évidence certes une culpabilité mais, au-delà de la « camisole » chimique, ses pulsions et fantasmes restent toujours présents. Il se sent toujours attiré par les enfants. Quand il évoque la musique dont il a obtenu le premier prix de deux conservatoires, il dit : « La composition, la musique, le chant me mettent en transe. Je l’ai repéré très tôt durant mon enfance… À la fois j’ai horreur de me mettre un spectacle. Je me sens ambivalent. J’ai pu faire chanter 5000 personnes, mais pour me donner du courage, il me fallait de l’alcool ou du cannabis. Je ne voulais pas en abuser, car je savais que j’allais oublier les textes. Voir cette foule et cette adulation me procuraient une excitation unique ! Enfin j’existais. Tout du moins je le croyais. J’avais aussi une forme de pouvoir qui me grisait. Ça durait le temps du concert. Une fois mes compositions terminées, ma timidité reprenait le dessus et je ne voulais plus voir personne. Me confronter au public après le spectacle était un calvaire. ». « Quant aux enfants, je savais que, par mon art, je les attirais, c’était plus fort que moi. Ils m’idéalisaient. À la communauté, les responsables n’ont eu de cesse de me dire que j’allais guérir. J’avais un réel plaisir avec ses enfants et je ne voyais même pas le problème ». Il peut décrire que la musique, même la peinture arrivent à palier ses pulsions sexuelles. Il décrira avoir recours à l’onanisme également.

Lecture psychocriminologique

Cette situation démontre que la dialectique entre traumatisme et perversion est d’une grande complexité dans la construction même d’actes criminels. Au plan intrapsychique, évoquer la notion d’acte, que ce soit le passage à, ou par, ou encore le recours à l’acte, constitue une source de confusion psychique. Houssier [1] propose de définir le recours à l’acte comme une régression motrice de l’ordre du registre symptomatique qui s’antagonise avec l’élaboration psychique et la mise en mots tels que le vivent par exemple certains adolescents. La déficience du fantasme est alors suppléée par le langage de l’acte. Le passage à l’acte ou « acting out » relève du registre de la rupture, et se définit comme une réponse de l’ordre de la décharge en direction d’autrui. Laplanche et Pontalis [2] font du passage à l’acte un prolongement du retour du refoulé. Il est « la réalisation achevée et répétitive, comme si l’énergie bloquée passait toute entière dans l’acte, de manière habituelle  [3] ». Le passage à l’acte interroge la dialectique entre répétition, acte manqué et retour du refoulé. Le symptôme va signer que l’élaboration de mise en représentation a échoué. L’analyse portera moins sur l’équilibre des forces dynamiques motivationnelles internes que sur cette défaillance structurelle qui a été l’objet d’une mise en échec. D’emblée donc, c’est vers l’histoire du sujet que le clinicien trouve un intérêt dans la perspective psychopathologique. Et l’expérience clinique démontre que, plus précisément encore, il s’agit d’étudier les conditions d’établissement du champ des affects du sujet. L’affect, produit psychique, comme la symbolisation, est l’un des deux représentants de la pulsion. Il est le tiers permettant la mentalisation des actes d’un sujet. Il est à la fois l’expression subjective d’une attitude et la voie de transmission de la subjectivité des traces mnésiques, celles que l’on peut déceler en cas de traumatismes.

L’ensemble de ces données met en perspectives l’incapacité du sujet auteur de violences à négocier psychiquement les excitations internes qui le régissent, et qui pourront apparaître comme des menaces plus ou moins grandes pesant sur l’identité. Dès lors, le sujet ne voit que l’environnement comme seul recours pour évacuer la surcharge. La victime sera la partie de l’environnement utilisée par l’agresseur pour réguler et donc atténuer sa menace interne. Ce qu’il importe de percevoir en matière psychodynamique, c’est la désubjectivation du sujet dans de tels épisodes. Pour échapper à une surcharge d’excitation qu’il ne peut symboliser, le sujet la clive de lui-même.

Les auteurs de violences sexuelles et plus généralement de violences en général ne disposent pas d’un « appareillage » interne pour réguler leurs excitations, sur leur environnement ou pour réguler un système pulsionnel en défaillance de représentation. On peut même envisager qu’ils sont co-dépendants à l’environnement. Les apports des travaux en psychocriminologie de la personnalité du sujet peuvent être également pertinents à analyser, surtout en regard d’une approche psychanalytique.

Dans Surveiller et punir, Michel Foucault évoque que la criminologie naît d’une intersection entre d’une part l’étude du crime en tant qu’objet juridique et d’autre part les débuts d’une connaissance scientifique de l’homme [4]. Au siècle des Lumières, Cesare Lombroso essaiera d’éclairer L’homme criminel, idéal d’objectivité qui amènera les prémisses d’une approche renouvelée du fait criminel. Pour autant l’histoire retiendra des recherches de Lombroso uniquement celle du criminel-né. Cette image forte fut relayée au fil des décennies par de nombreuses théorisations et sous divers aspects, et un siècle plus tard, dans les années 1980, le courant neuroscientifique émettait l’hypothèse d’un gène du crime (en fait, un chromosome surnuméraire XYY) [5]. On perçoit déjà une approche multifactorielle qui n’aura de cesse de générer des oppositions dont Alexandre Lacassagne sera le chef de file, en France.

Entre milieu environnemental, structure et hérédité, le fait criminel semble longtemps écartelé entre diverses postures qui seront dénoncées par de nombreux psychanalystes. Déjà en 1919, Ferenczi écrit : « Sur le plan théorique, la criminologie actuelle ramène les crimes à l’influence de l’hérédité et de l’environnement, et sur le plan pratique, pour les empêcher, elle propose l’introduction de réformes eugéniques, pédagogiques et économiques. Ce programme est juste dans son principe et épuise théoriquement toutes les possibilités, mais au niveau pratique il est superficiel et se trouve en contradiction précisément avec le déterminisme si hautement proclamée, dans la mesure où il néglige totalement les plus puissants facteurs déterminants du crime : les tendances de la vie psychique inconsciente et leurs origines, ainsi que les mesures défensives opposées à celle-ci. [6] »

Le fondateur de l’analyse psychocriminologique reste Freud puisque, dès 1901, il s’interroge sur le fait judiciaire et criminel. Il questionne dès cette époque la véracité des témoignages. Il propose deux modèles analytiques. Le premier est celui d’une personnalité délinquante ; le second, quelques années plus tard, concerne l’élaboration d’un processus criminogène qui comprend l’acte criminel pouvant surgir comme libérateur d’une tension interne [7]. Cette tension sera associée par la suite à un sentiment de culpabilité inconscient [8].

À ces modèles, Freud en rajoute un autre, à savoir l’acte criminel. Il pense que l’acte criminel répondrait à une dimension archaïque ayant toujours la possibilité de ressurgir ; ou encore comme production psychique mal élaborée qui s’organiserait autour d’une hostilité œdipienne. À ces postulats, il convient d’ajouter l’ensemble de la réflexion freudienne sur la violence, et plus particulièrement d’éléments traitant les questions de l’acte (agieren), de l’agressivité, de la haine et de la destructivité. Enfin, Freud pose les bases du travail thérapeutique en 1925 : « Chez le criminel mené par ses pulsions, il faut faire autre chose que de l’analyse, quelque chose qui ensuite rencontre de nouveau celle-ci dans l’intention [9] ». Ce sont autant de jalons posés par Freud qui permettent une voie de compréhension de l’agir criminel et façonnent les outils d’une psychocriminologie clinique.

La psychanalyse prend un virage sur la question psychocriminologique au deuxième Congrès International de Criminologie qui se déroule, en septembre 1950 à la Sorbonne. L’intitulé du colloque est : Psychanalyse et criminologie. Jacques Lacan et Michel Cénac commencent les débats de manière très remarquée [10]. De nombreux psychanalystes s’y illustrent tels que S. Lebovici, P. Mâle, F. Pasche, A. Hesnard ou encore D. Lagache avec son intervention sur la psychocriminogenèse. Tous ont comme démarche d’élaborer une réflexion psychocriminologique en interrogeant la question d’un sens du crime pour le sujet qui l’exerce dans un environnement donné, avec l’affirmation de l’inexistence des « instincts criminels » et la revendication, jusque dans le crime, de l’autonomie d’une expérience irréductiblement subjective [11]. Ces références sont au fondement de l’œuvre de Claude Balier [12] qui, avec Gérard Bonnet [13], a ouvert de nouvelles perspectives psychothérapeutiques.

Au travers des divers axes de modélisation, entre normal ou pathologique, le psychisme humain est conçu comme un ensemble de systèmes dont les enjeux dynamiques vont plus ou moins bien s’équilibrer. Plus l’équilibre est homogène chez le sujet, plus on peut évoquer la dimension de « normalité ». Moins l’équilibre peut s’organiser, plus le sujet est dans une souffrance psychique qui peut être ignorée consciemment, et plus il évolue dans la sphère du pathologique avec production d’acte symptôme pouvant originer des actes délinquants. Le Ça ou réservoir pulsionnel pousse le sujet à réaliser des actes qui s’imposent à lui dans le cadre d’un principe qui régit l’ensemble de l’appareil psychique et que Freud nomme le principe de plaisir. Le surmoi interdit les réalisations d’un passage à l’acte si elles sont en contradiction avec les normes intériorisées que le sujet a reçues en héritage de son histoire et de son éducation.

De manière générale, lorsque le sujet a connu un développement satisfaisant dans un environnement favorable, l’ensemble des conflits intrapsychiques se déroule au sein du moi. L’éprouvé du moi, qui résulte de la violence de ces conflits, se manifeste par le biais du refoulement et par un symptôme qui est l’angoisse. Le sujet se trouve capable de se situer dans le cadre de la loi qu’il a pu intérioriser. Pour les personnalités agressives et violentes, il n’en va pas de même. Le modèle est plus complexe pour rendre compte de la construction d’actes criminels. Au plan intrapsychique, évoquer la notion d’acte, que ce soit le passage à, ou par, ou encore le recours à l’acte, constitue une source de confusion psychique. Le symptôme va signer que l’élaboration de mise en représentation a échoué. L’analyse porte moins sur l’équilibre des forces dynamiques motivationnelles internes que sur cette défaillance structurelle qui a été l’objet d’une mise en échec.

D’emblée donc, c’est vers l’histoire du sujet que le clinicien trouve un intérêt dans la perspective psychopathologique. Et l’expérience clinique démontre que, il s’agira d’étudier les conditions d’établissement du champ des affects du sujet. L’affect, produit psychique, est un des deux représentants de la pulsion. Il est le tiers qui permet la mentalisation des actes d’un sujet. Il est à la fois la traduction subjective d’une attitude, mais aussi la voie de transmission de la subjectivité des traces mnésiques des traumatismes [14]. L’affect en tant que médiateur de l’information transgénérationnelle est l’élément fondamental de la subjectivation. Affectant la dimension somatique de l’enfant, l’affect lui procure un éprouvé dans la dimension de son histoire de vie.

L’enfant est aux confins de différents enjeux en tant qu’appartenant à une espèce, lié à sa singularité et s’inscrivant dans une double lignée : celle de la filiation et parentale. Cette tridimensionnalité constitue la base des différenciations qui structurent la psyché : différence interspécifique, différence des sexes et différence des générations. Ciavaldini reprend ces trois domaines où sont repérées des non-reconnaissances affectives [15]. L’ensemble de ces données met en perspectives l’incapacité du sujet auteur de violences, à négocier psychiquement les excitations internes qui le régissent, et qui pourront apparaître comme des menaces plus ou moins grandes pesant sur l’identité. Dès lors, le sujet ne voit que l’environnement comme seul recours pour évacuer la surcharge. La victime est la partie de l’environnement utilisée par l’agresseur pour réguler et donc atténuer sa menace interne. Ce qu’il est important de percevoir en matière psychodynamique, c’est la désubjectivation du sujet dans de tels épisodes. Pour échapper à une surcharge d’excitation qu’il ne peut symboliser, le sujet la clive de lui-même.

Néanmoins, le recours à l’acte ne veut pas dire pour autant que le sujet le réalise de manière désorganisée. L’acte, aussi violent soit-il, suit les traces de sa construction sensori-motrice et peut être hautement réfléchi, pensé, mais de manière opératoire, « même s’il se déroule, assez souvent en état semi-crépusculaire [16] ». Il existe une deuxième temporalité du sujet, notamment si la désubjectivation subit moins de prégnance. Cela entraine également une utilisation de la victime comme si elle était chosifiée. Le sujet est dans une situation de perte de subjectivité qui induit une déperdition de ses limites et donc la disparition de la notion d’altérité autour d’un puissant mécanisme défensif : le déni. Il est la conséquence du clivage de la personnalité et permet un mode de survie. Par ce déni, la victime devient un objet plus ou moins externalisé au sujet, sur lequel s’exerce une projection de manière concomitante d’une excitation interne clivée permettant en même temps le retour au calme. Dans la première situation, la victime devient menaçante pour le sujet, avec le risque d’agression qui s’ensuit. Dans la deuxième, elle devient celle par qui le sauvetage adviendra, faisant cesser la menace d’effondrement identitaire. Cependant dans les deux situations, la victime a perdu sa singularité et son aptitude à l’altérité. Elle se trouve désobjectalisée (conséquence du processus de désubjectivation), enfermée dans un contexte dont elle a peu de chance de sortir.

Cette altération de mise en représentation psychique du vécu affectif, et donc les excitations, est la marque d’un trouble majeur du narcissisme. Comme on l’a vu, ces sujets sont organisés sur une modalité de « faux-self ». L’établissement du narcissisme étant sous l’instance de l’environnement familial primaire, cela suppose que les conditions d’attachement précoce dans les premières interactions de vie du sujet devront être prises en considération. En effet, les auteurs de violences sexuelles et plus généralement de violences en général ne disposent pas d’un « appareillage » interne pour réguler leurs excitations, sur leur environnement ou pour réguler un système pulsionnel en défaillance de représentation. Il peut être même envisager qu’ils sont co-dépendants à l’environnement.

Je souligne dans l’exemple de Patrick alors la nécessité de travailler avec les éléments environnementaux comme les différentes instances de justice, les acteurs du champ social, éducatif et d’insertion. Le but est d’élaborer autour du sujet un environnement qui soit adapté à ses compétences et ne pas exiger de lui ce qu’il ne peut pas mettre en œuvre. Il s’agit par la-même de ne pas être acteur d’enjeux de répétitions qu’il a pu vivre dans son environnement de la prime enfance.

Loin de la dimension sécuritaire de notre société, il s’agit ici d’une mise en lien qui doit s’effectuer dans une démarche thérapeutique autorisant un travail psychique. Se retrouve ici la pensée de Freud reprise sous une forme différente par Winnicott : « Je m’aperçois que je fais œuvre de psychanalyste, même si je ne pratique pas une analyse standard, lorsque je rencontre certaines conditions que j’ai appris à reconnaître [17] ». Le suivi au long cours de ces personnalités indique que lorsque le cadre environnemental est suffisamment contenant, au sens où il permet la gestion des excitations [18], le risque de récidive s’amoindrit, sans pour autant que le risque zéro puisse être atteint. Il s’agit d’établir une relation de grande communication pluridisciplinaire entre les différents acteurs, dans le respect de leurs missions et de leurs identités, afin de rendre l’environnement contenant.

 Le concept de perversion

Le pervers est un jouisseur du mal procuré à lui-même, à autrui et de la destructivité. Si l’expérience de la perversion est universelle, chaque époque la considère à sa façon. La fin du XVIIIe siècle a vu émerger une nouvelle figure de la perversion qui trouve ses racines dans la pensée classique du criminel: le grand monstre moral, liant en ses crimes jouissance, sexe et sang [19]. Sade est le sujet type qui aboutira à la définition de la perversion au sens moderne tandis que le XIXe siècle mettra en évidence trois figures : l’enfant masturbateur, l’homosexuel et la femme hystérique. Le XXe siècle ne cessera d’étendre la définition et de la faire varier sur différents axes, biologique, psychologique, anthropologique pour arriver à des dimensions juridiques et du consentement au XXIe siècle. La perversion se différencie de la perversité qui va définir un mode d’organisation psychique. Certains auteurs, comme Henri Ey en 1950, ont pu opposer les termes de perversité et de perversion. Ils distinguent la perversité stricte qui relèverait du registre moral. La dimension de structure serait, quant à elle, du registre psychopathologique. Enfin, un troisième registre serait plus de la psychocriminalité ou d’un modèle antisocial. Sophie de Mijolla précise toutefois que les perversions se situent la plupart du temps sur plusieurs de ces registres. Il en est ainsi de la pédophilie décrite chez Patrick et qu’il vaudrait mieux nommer pédoclastie (ou « bris » d’enfants) [19].

Dans cette complexité, la perversion est l’expression de la négativité, de la haine et de la destructivité. Son paradoxe réside dans le fait qu’elle peut être l’objet d’une grande créativité : elle permet l’accès à la plus haute des libertés, celle qui permet au sujet d’osciller entre le statut de bourreau et celui de victime. La perversité, si elle peut être synonyme de l’abject, trouve son envers dans une dimension sublimatoire au travers de l’art et du génie de certaines personnes. La frontière entre perversion et sublimation est parfois difficile à définir. Mon questionnement introduit un double paradigme entre celui de la norme et du psychopathologique. La perversion introduit une nouvelle façon d’être, une structure qui se distingue de la névrose et de la psychose, sans avoir un substrat organique. Le pervers ne connaît pas les remords. Il peut passer du sublime à l’abject sans passer par la culpabilité.

Anna Freud, dans ses travaux, montre les différentes voies de l’altruisme. Il peut s’agir de se préoccuper du bien d’autrui ou de procéder à une délégation de la pulsion ou de chercher à se rendre malheureux [20]. Cette perspective altruiste pourrait se nommer « altruisme délétère », forme de perversion en regard d’un narcissisme exacerbé au sens d’une hypertrophie du moi qui répondrait à une grande faille narcissique entrainant une incorporation et une assimilation de la vie d’autrui. « L’amour de l’humanité peut s’égarer et se mettre au service d’une politique opprimant l’humanité au nom même de l’humanité, alors nous voyons que l’amour de l’humanité, plus encore que la haine, peut conduire à la plus extrême inhumanité. A l’inverse, des actions strictement égocentriques, mues par l’intérêt personnel le plus sordide, peuvent, en s’insérant dans le jeu des inter-rétroactions sociales, contribuer bien plus utilement au bien général que la bonne volonté fourvoyée [21] ».

L’existence du mot « pervers » est attestée en 1190 et dérive de « pervertere » : retourner, renverser, inverser, commettre des extravagances. La perversion n’est pas due à une dégénérescence ou à une quelconque anomalie constitutionnelle. On ne naît pas pervers, on le devient.

Le pervers est donc celui qui reste cramponné à des satisfactions qui ne sont plus de son âge : la perversion est liée à un arrêt du développement de la pulsion sexuelle et à une déviation de l’objet de la pulsion (dans la pédophilie, par exemple), du but (du voyeurisme) ou de la zone érogène (dans le fétichisme). Toutefois, dit Freud, tout sujet possède en lui des tendances perverses fortement développées mais, la plupart du temps, refoulées et rendues inconscientes. Les fantasmes inconscients présentent les mêmes contenus que les actes pervers. Plus tard, Jacques Lacan apportera un éclairage pour qui veut comprendre ce qu’est le passage à l’acte pervers. Le pervers n’est pas celui qui veut faire du mal à l’autre mais celui qui cherche à l’angoisser. Le masochiste n’est pas celui qui veut souffrir, mais celui qui cherche à souffrir à un point tel que cela finisse par éprouver l’autre dans ses capacités à pouvoir se maîtriser – c’est-à-dire non seulement à le tester dans ses capacités à dominer l’autre mais surtout à se dominer lui-même.

La situation de Patrick sous-tend un autre type de clinique. De par la structure de ces sujets, le cadre thérapeutique doit être également aménagé. Cette adaptation me permet de vérifier mon hypothèse, selon laquelle il me faut porter toute mon attention sur la dimension narcissique du transfert et de ses aléas, ainsi que sur mes éprouvés dans le travail de contre-transfert, afin d’être particulièrement vigilant à maintenir une certaine continuité psychique, qui fait contenance. L’espace où se joue de manière privilégiée cette répétition inconsciente éprouve l’analyste. Avec les sujets aux pulsions agressives, l’espace psychique ne laisse que peu de place à l’altérité, qui est peu élaborée. Le besoin d’appui perceptif les assujettit à une co-dépendance à l’environnement. C’est cet environnement en entier qui doit se substituer à l’altérité. Le transfert ne s’effectue donc plus sur un autre représentant l’altérité mais sur le champ des possibles que constitue l’environnement.

Comme l’explique Kaës, l’environnement de prise en charge va obliger les acteurs à faire un nouage de l’espace de diffraction afin d’éviter le clivage et le morcellement des affects qui va générer le contrôle de l’objet. On voit se dessiner un modèle thérapeutique délicat avec un transfert archaïque qui est particulièrement éprouvant. J’aurais à en négocier la charge, avec la nécessité de ne pas m’y dérober, d’y résister et de le contenir sans en être détruit comme l’évoque Roussillon [22]. Ce travail d’interdisciplinarité, avec l’ensemble des partenaires déjà évoqués (Justice et champ social) représente l’environnement du sujet. Ce dernier participe à construire un cadre qui soit contenant des affects morcelés du sujet. Dans cette approche, il est nécessaire de constituer des espaces de rencontre permettant une expérience différente de ce à quoi l’histoire du sujet l’a accoutumé. Il s’agira qu’il puisse être pensé ailleurs et en son absence. Ce sont ces rencontres qui permettront que les risques de clivage et de déni puissent être contenus.

En tant que clinicien, je me dois d’entendre ce récit en souffrance, qui se cherche, qui ne peut se dire, qui parfois aboutit. Et c’est souvent, me semble-t-il, à partir du moment où je peux me raconter des histoires sur mes patients que j’arrive progressivement à les supporter et les accompagner dans des démarches de changements. En tant que sujet, l’écoute de la mise en récit m’oblige à développer un rapport intime au langage, aux mots, elle m’amène : « à mesurer sans cesse l’écart entre la chose possédée et le mot qui le désigne et qui, le désignant, dit d’abord qu’elle n’est pas là [23] ». La mise en récit permettrait au sujet de mettre à distance ses fascinations pour l’événement passé, de créer un jeu d’affects possibles et, en disant « je », de reconnaître l’altérité. Raconter à l’analyste son récit, c’est pour le sujet une manière de se dire différent, se mettre à l’épreuve pour soi et de soi. C’est à ce déploiement psychique qu’invitent le récit et la narration, dans sa forme la plus achevée, à travers le dévoilement progressif de ses énigmes, de ses fausses pistes et ses revirements de situations.

Si je reprends la situation de « Patrick », comme l’évoque Sophie De Mijolla, « le fantasme de l’homme adulte est en général assez semblable et comporte invariablement une intention créatrice qui vient compenser ou masquer la dimension prédatrice jamais totalement absente [24] ». Patrick a su repérer en l’adolescent(e) quelque chose de très précieux dont personne, pas même l’intéressé(e), ne s’est avisé, trésor que Patrick se fait fort de porter au même niveau que lorsqu’il crée une partition de chant ou de musique. Durant les premières séances il a pu exprimer ses craintes « j’avais peur que vous me jugiez ». Il y a d’ailleurs une fuite du regard lors des premiers entretiens. Une voix, fluette, presque imperceptible parfois. Cela n’a pas été simple car sa thymie est variable et ses excitations ne semblent connaître aucune transformation. Patrick exprime ce que sa psyché ne peut traiter en me disant « je vais vous cracher ce que j’ai dans mes viscères ou ce que je rumine dans ma tête ». Il connaît également des états d’apaisement et ce qu’il nomme la « charge », une excitation qui s’impose à lui lorsqu’il est face à une situation de frustration ou de risque de perte d’objet.

La moindre variation du cadre des séances lui est insupportable. Le raccourcissement de 5 minutes, mes absences. Un jour il me dira « vous avez sorti un papier pour l’autre personne, pas pour moi ! ». Il demande une sorte de fusion, de m’avoir dans une exclusivité relationnelle et sa mimique se modifie lorsque cette fusion n’opère pas. Son expression de visage change avec une mise en jeu du corps. Je vois dans son regard que je ne suis plus perçu comme le même. À qui s’adresse, ce regard noir, cette violence ? je suis celui qui pose un cadre, qui lui pose le non, qui lui borne la route, qui le renvoie à sa frustration, avec peut-être une détresse dont je suis loin, lui et moi, d’avoir pris l’entière conscience. Il tente d’éprouver le travail thérapeutique. L’effet de clivage, me met en position délicate. Je perçois l’emprise qu’il tente d’exercer durant les séances. En outre, il refuse d’évoquer ses pulsions ou il ment en disant que « tout va bien ». Il m’apparait comme un enfant tyrannique aux grandes exigences. Une exigence qui semblerait traduire la solitude psychique dans laquelle il a dû être laissé bébé. Patrick était un enfant qui n’avait pas dû beaucoup jouer et qui n’avait pas réussi à construire des autoérotismes suffisants, générant une grande dépendance à l’environnement. La violence et l’abandon vécus ont remobilisé cet ensemble et l’ont figé dans un tableau hors histoire. Dans un contexte contre-transférentiel très difficile, je trouve des ressources dans le partage durant les séances de supervision. Cela me permet d’insister sur l’importance de ne jamais travailler seul avec ce type de structure de sujet livrant l’accès à toutes les complexités du déni.

Malgré une image de lui-même très dévalorisée, Patrick a un très grand potentiel artistique notamment en musique et en chant. Il aime d’ailleurs l’ascendance que sa fonction de chantre lui confère, opposant le sentiment de toute-puissance qu’il y trouve à son impuissance sexuelle. Son discours évolue donc progressivement vers une interrogation à travers son histoire de ce qu’il y cherchait et ne trouvait pas, à savoir la mère. Il existait cette confusion entre « être aimé par une maman » et « aimer des enfants ». Dans la perte du lien avec la sienne précocement (à l’âge de trois ans), il avait tenté une relation fusionnelle avec son frère cadet. L’idée pour lui était de combler la faille ouverte par le traumatisme de la perte de sa mère. À l’adolescence il y eut une rupture avec ce frère, et commencèrent ses interrogations et « la quête des enfants ». Patrick a pu basculer sur le fait que la pédophilie était un symptôme au-delà d’un choix sexuel. « Dans ma vie il me manque l’essentiel. ». C’est sans doute pour lui la part la plus douloureuse du travail, que de revenir sur son enfance, sur ses liens très complexes avec sa fratrie, sur son père violent. Dans le travail opéré, Patrick teste le cadre et les limites de mon écoute et de ma fonction : « un pervers reste un pervers … Si je commets un acte sur un enfant, vous me dénoncerez ? ».

Cependant, il est d’une ponctualité rigoureuse, me prévenant systématiquement s’il doit manquer une séance et me demandant même de les anticiper pour ne pas rester sans. L’investissement est bien présent mais il doit en être le maître. Après un temps d’incarcération, il revient en séance. Il peut alors dire combien le suivi lui semble primordial pour « canaliser son côté pulsionnel ». « C’est comme s’il y avait deux personnes en moi ».

Peu à peu j’ai pu constater l’évolution de sa narration. Si son récit était au départ très défensif avec de la dénégation, il peut désormais se contredire, et peu à peu, une cohérence du discours semble s’organiser autour « d’un sentiment de confiance ». Progressivement il arrive à parler de ses pulsions. Il dit alors : « les séances me contiennent … je ne me sens pas si envahi, quand je rentre chez moi ». Même s’il décrit un fort désir pour les enfants, il reconnaît qu’il ne faut pas qu’il soit en contact avec eux. Il semble compenser l’abstinence pédophilique par des masturbations compulsives et des films pornographiques. Au fur et à mesure des « séances », il dit que cette « obsession » est de moins en moins présente. Ce qui a été marquant dans ce travail, c’est la gravité progressive du discours de cet homme, le passage d’une forme « d’inconscience », à l’émergence d’une vérité où la dépressivité semble prendre le dessus.

Aujourd’hui, âgé de presque 68 ans, Patrick n’a plus trop de créativité artistique selon ses dires. Il se décrit comme un « déchet », il vole dans les grandes surfaces sous couvert des chefs d’entreprises qui ont fait le choix de le laisser agir par « pitié ». Dans la dimension contre-transférentielle, j’ai une vigilance toute particulière et permanente des affects de Patrick et le ramène à son anamnèse, faisant émerger des imagos parentales non étayantes. Ce travail semble plus dans une démarche associative avec beaucoup moins de défenses qu’au départ de la prise en charge. Patrick était un enfant qui avait été brisé par la maltraitance et l’abandon, sa seule survie devenant pour lui la créativité artistique où il trouvait la même jouissance que dans l’acte pédophile.

Au travers de l’analyse de la vie de Patrick, je peux évoquer l’hypothèse de la perversion non comme l’horreur d’un symptôme mais comme un symptôme de l’horreur vécue.

Notes de bas de page

[1] La situation clinique présentée est authentique. Seuls le prénom, surnom, lieux, dates, ont été modifiés de façon à préserver l’anonymat.

[2] Personne qui assure le chant durant les offices liturgiques. Il est intéressant de savoir qu’une autre sémantique du vocable est : « Personne qui glorifie, loue quelqu’un ou quelque chose : Il s’est fait le chantre du pouvoir ». op cit. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/chantre/

Ouvrages cités

[1] Houssier F. Transgression et recours à l’acte : une forme d’agie, d’appel à l’objet. Annales médico psychologiques, Revue psychiatrique, 2008, pp. 711-716.

[2] Laplanche J, Pontalis JB. Vocabulaire de la psychanalyse. Paris, PUF, 1967.

[3] Foucault M. Surveiller et punir : naissance de la prison. Paris, Gallimard, 1975.

[4] Lombroso C. L’homme criminel, étude anthropologique et psychiatrique. 1835, édition électronique : Césare Lombroso (1835-1909) classiques.uqac.ca/…/lombroso_cesare/ homme_criminel…/ homme_criminel_1887.htm.

[5] Mednoick S et al. Criminality in XYY and XXY men. Science, 193,1976.

[6] Ferenczi S (1919-1926). Psychanalyse et criminologie, Psychanalyse 3, Œuvres complètes, t. 3, Paris, Payot, 1919, pp. 79-81.

[7] Freud S. (1916). Quelques types de caractère dégagés par la psychanalyse, in L’inquiétante étrangeté et autres essais. Paris, Gallimard, 1985, pp. 138-171.

[8] Freud S. Les criminels par conscience de culpabilité, in Quelques types de caractères à partir du travail analytique, G.W. X, 390-391, 1925 ; Freud, 1923, pp. 213- 249.

[9] Freud S (1925). Ma vie et la psychanalyse. Paris, Gallimard, 1984, pp. 158-163.

[10] Lacan J, Cénac M. Introduction théorique aux fonctions de la psychanalyse en criminologie. Paris, Le Seuil, 1966, pp. 125-149.

[11] Ibid. pp. 7-29.

[12] Balier C. Psychanalyse des comportements violents. Paris, PUF, 2002.

[13] Bonnet G. Avoir l’œil, la violence du voir dans la jalousie. Revue française de psychanalyse, 1-1997 et Le remords. Psychanalyse d’un meurtrier. Paris, PUF, 2000.

[14] Freud S. L’Homme Moïse et la religion monothéiste, op.cit.

[15] Ciavaldini A. L´agir : un affect inachevé. Monographie de psychanalyse, L’affect, Paris, PUF, 2005

[16] Ibid.

[17] Winnicott WD. Les visées du traitement psychanalytique, Processus de maturation chez l’enfant et développement affectif. 1962, psycha.ru/fr/winnicott/1970/maturation14.html

[18] Kaës R. Introduction au concept de transmission psychique dans la pensée de Freud, Transmission de la vie psychique entre générations. Paris, Dunod, 1993.

[19] Mijolla S. Le choix de la sublimation. Paris, PUF, 2009

[20] Freud A. Le moi et les mécanismes de défense, Une forme d’altruisme », Paris, PUF, 1969, pp. 112-124.

[20] [21] Freud A (1949). Le Moi et les mécanismes de défense. Paris, PUF, 1978.

[22] Roussillon R. Psychothérapies psychanalytiques. Paris, PUF, 1999.

[23] Sajus N. Psychopathologie du traumatisme psychique, Paris, L’Harmattan, 2020

[24] Mijolla S. Le fantasme de Pygmalion.Topique, Paris, Œuvres du temps, 2008

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