LA PRISE EN CHARGE D’AUTEURS DE VIOLENCES SEXUELLES AU PASSE TRAUMATIQUE EN GROUPE DE PAROLE A MEDIATION OLFACTIVE

Résumé : La symptomatologie du psychotraumatisme complexe et ses conséquences sur la construction psychique des patients Auteurs de Violences Sexuelles, notamment l’alexithymie, peut grever la psychothérapie et empêcher la mise en lien du vécu traumatique et des ressentis associés afin de les intégrer et y mettre du sens. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de mettre en place au sein du D.S.A.V.S. une prise en charge spécifique pour les patients concernés : un groupe de parole à médiation olfactive. Le média olfactif permettrait, via un percept, de susciter l’émergence, la perception et la reconnaissance interne de souvenirs associés à des émotions et, par là même, de réanimer la vie psychique. En résulte le postulat suivant : cette prise en charge permettrait aux patients au passé marqué par des traumatismes, d’être de nouveau en lien avec leurs affects, notamment ceux liés au(x) traumatisme(s) ce qui ouvrirait le champ des possibilités de prises en soins spécifiques au psychotraumatisme. Il s’agira, au cours de ce travail de recherche exploratoire, d’étudier la pertinence théorico-clinique de ce propos afin de mettre à l’épreuve ce protocole de soins.

Abstract: A PROTOCOL OF GROUP SETTING USING OLFACTIVE MEDIATION TO CARE SEXUAL ABUSERS WITH A TRAUMATIC PAST.

The complex psychotrauma’s symptomatology and its consequences upon sexual abusers’ psychic structure, especially alexithymia, can put a strain on psychotherapy process preventing the connection between actual trauma and associated feeling which could be integrated and make sens. This led to set up a specific process at the D.S.A.V.S: a group setting using olfactive mediation. Indeed, olfaction percept could allow the emergence, perception and recognition of emotional souvenirs and therefore revive the psychic process.

Here is the premise: This therapy could connect traumatized patients with their affects, especially those linked with their initial trauma. This provides a psychotrauma specific way to care. The purpose of this exploratory research is to study the theorico-clinical relevance of this intention to test this care protocol.

Keys-words: Psychotraumatism ; sexual abusers ; alexithymia ; olfactive mediation.

MEMOIRE UNIVERSITAIRE

La clinique des patients Auteurs de Violences Sexuelles (A.V.S.) pris en charge au sein du Dispositif de Soins pour Auteurs de Violences Sexuelles (D.S.A.V.S.) est, en de nombreux points, comparable à celle du traumatisme complexe. En effet, on relève dans les parcours de vie de ces patients de nombreux événements traumatogènes, ceux-ci ayant entre autres subi des maltraitances (sexuelles et non-sexuelles) pendant leur enfance, grandi dans des environnements insecures (carences affectives, éducatives, économiques), etc. [1,2] On recense également de nombreux facteurs de risque d’apparition de troubles psychotraumatiques dans leur parcours (antécédents psychiatriques et comorbidités, bas niveau socio-économique, le faible soutien social, antécédents traumatiques infantiles, etc.) [3]. L’impact des événements traumatogènes vécus par les patients incarcérés, en particulier les A.V.S., influe fortement sur leur structuration psychique, et ainsi sur les pratiques soignantes. Au regard de la clinique rencontrée chez ces patients, un nécessaire aménagement du cadre psychothérapique est à mettre en place. Nous nous sommes penchés ici plus particulièrement sur la prévalence non-négligeable de l’alexithymie et son impact sur les psychothérapies. « Nombre d’auteurs ont souligné l’importance de l’alexithymie telle qu’elle a été décrite par SIFNEOS marquée par l’incapacité à exprimer et reconnaître ses sensations, le recours à l’agir, la pauvreté de la vie imaginaire et le discours événementiel » [4]. « Pour SIFNEOS (1972, 1974, 1995) et KRYSTAL (1988), l’alexithymie, constitue une séquelle post-traumatique majeure, et représente une régression, et parfois même un arrêt dans le développement génétique de l’affect » [5], « elle dépend d’événements de vie et peut être considérée comme une séquelle post-traumatique majeure » [6]. « La problématique de la gestion émotionnelle est centrale dans l’Etat de Stress Post-Traumatique (ESPT). La violence des émotions suscitées par l’événement traumatique sidère la victime qui dès lors oscille entre l’anesthésie et le débordement affectif. La thérapie doit alors permettre de recouvrer un équilibre émotionnel » [6].

Chez bon nombre d’Auteurs de Violences Sexuelles, on observe des difficultés de verbalisation, d’identification des émotions ou sensations [7]. Ceux-ci rencontrent, bien souvent, des difficultés à verbaliser des sensations corporelles.

L’alexithymie empêcherait pour certains patients A.V.S. la possibilité d’une prise en charge du psychotraumatisme. La symptomatologie du psychotraumatisme complexe et ses conséquences sur la construction psychique des sujets peut grever la psychothérapie et empêcher la mise en lien du vécu traumatique et des ressentis associés. Il s’agirait alors de favoriser l’intégration des vécus traumatiques et d’y mettre du sens.

Partant du postulat qu’il est nécessaire que les patients soient en lien avec leurs ressentis pour pouvoir proposer une prise en charge psychothérapeutique, les professionnels du soin sont en difficulté avec ces patients coupés de leurs émotions, pour qui l’identification et la verbalisation de celles-ci sont complexes. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de mettre en place au sein du D.S.A.V.S. une prise en charge spécifique pour les patients concernés : un groupe de parole à médiation olfactive.

Le médium olfactif peut susciter des « chaînes associatives groupales » « permettant d’aborder des vécus corporels non abordables dans le dispositif d’entretien ». Il s’agit de susciter des émotions pour accéder à des représentations. Le but serait de « réanim[er] une vie psychique peu accessible dans le cadre des dispositifs classiques » [8]. Il s’agit donc de partir de cette donnée pour proposer une prise en soins adaptée [9]. Le média olfactif permettrait, via un percept, de susciter l’émergence, la perception et la reconnaissance interne de souvenirs associés à des émotions et, par là même, de réanimer la vie psychique [8]. Le but de cette prise en soins étant de permettre aux patients au passé marqué par des traumatismes d’être de nouveau en lien avec leurs affects, notamment liés au trauma, afin de pouvoir ensuite entreprendre une psychothérapie. Ayant pour finalité d’avancer en matière de prise en charge psychothérapique des conséquences d’un passé traumatique dans la clinique des patients A.V.S., il nous a semblé essentiel de mettre à l’épreuve ce protocole de soins et de décrire la population en question.

Nous avons donc formulé une hypothèse principale dans ce travail de recherche exploratoire : la prise en charge en groupe de parole à médiation olfactive est pertinente pour permettre une prise en charge spécifique des patients Auteurs de Violences Sexuelles au passé traumatique, au sein du D.S.A.V.S. au regard de leur problématique alexithymique.

Trois hypothèses secondaires se sont dégagées au sein de notre raisonnement, à savoir : la prévalence élevée d’un passé traumatique (présence d’événements traumatogènes et symptomatologie de l’ESPT dans le passé) chez les patients A.V.S. orientés vers le groupe de parole à médiation olfactive ; la prévalence élevée de l’alexithymie chez ces mêmes patients ; ainsi que des points communs entre la clinique de ceux-ci et celle du traumatisme complexe.

Nous nous sommes attachés, à étayer théoriquement cette hypothèse grâce à une revue de la littérature, puis à la mettre à l’épreuve d’outils psychométriques afin de décrire la population orientée vers le groupe de parole à médiation olfactive au sein du D.S.A.V.S.

La médiation olfactive auprès des A.V.S.

Inspirée des travaux de LECA et BRUN, la prise en charge à médiation olfactive proposée aux patients A.V.S. incarcérés présente des intérêts soulignés par de nombreux auteurs [10,11].

L’incarcération a pour conséquence un appauvrissement sensoriel tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. L’utilisation d’un support olfactif aurait pour intérêt de re-stimuler ce sens « enfermé ».

Un tel support, utilisé en tant que média en groupe, aurait, plus qu’un autre, l’intérêt de favoriser l’émergence de souvenirs et d’émotions, et ainsi de permettre la verbalisation d’un ressenti subjectif. En tant que percept, « l’objet médiateur prend une fonction étayante facilitant l’élaboration de souvenirs » [12]. « L’odeur suscite notamment l’évocation de souvenirs, d’images que le sujet pourra mettre en scène au sein du groupe, et, de ce fait, s’approprier par la mise en jeu dans les chaînes associatives groupales (KAËS, 1999). » [13]

Par ailleurs, « l’olfaction serait un sens « immergé », dont seulement une partie atteindrait notre lucidité : le « Moi » olfactif comporterait une partie profonde, inconsciente. L’odorat semble jouer un rôle particulier dans la remémoration d’un événement passé et de nombreux exemples nous montrent comment, à partir d’un souvenir olfactif, tous les souvenirs liés aux autres sens remontent à la surface de la conscience. » [14]

C’est le principe du « syndrome proustien ».

D’un point de vue neuropsychologique, le cerveau limbique (« cerveau des émotions ») intervient dans d’autres fonctions que l’olfaction et notamment dans la mémoire et les émotions. C’est une sorte d’interface entre les données du passé et les données du présent. Il reçoit pratiquement toutes les informations sensorielles venant de l’intérieur (végétatif) et de l’extérieur, et emmagasine les informations et les sensations. Il donne une dimension affective aux informations. Il est à l’interface entre l’impression et l’expression, entre le moi et le non-moi.

Ainsi, « l’olfaction nous dégagerait du perceptif pour nous permettre d’accéder à la représentation » [14]. De plus, travailler sur ce vide interne très fréquemment repéré chez les A.V.S., participerait à restaurer le narcissisme de ces patients.

Les séances de groupe à médiation olfactive pourraient ainsi favoriser la mise en lien entre « vécu interne, traces mnésiques, traces sensorielles », y compris issues de « traumatismes précoces », qui pourraient « être repris dans les prises en charge individuelles notamment dans la dynamique du rapport à l’acte (déni, dénégation, reconnaissance) » [8] nécessitant un travail d’ouverture aux émotions.

La médiation olfactive en prise en charge groupale permet également de travailler sur la mise à mal de l’altérité, fréquente chez les A.V.S. « L’olfaction permettrait de poser les premiers jalons de la représentation de soi et de celle de l’autre » [14]. « Il s’agit de susciter une capacité d’empathie avec l’autre au sein de ce groupe à médiation, et de permettre à chacun d’accéder à ses propres états émotionnels, dans la dynamique groupale. » Tout ceci « suppose de pouvoir reconnaître l’autre dans sa dimension d’altérité comme un autre et même que soi » [13]. Le groupe à médiation olfactive permettrait donc de travailler sur la dimension relationnelle et sur la prise en compte de l’altérité avec ces patients.

Enfin, « cette clinique montre comment le groupe à médiation sensorielle olfactive, dans le contexte carcéral, permet une réactualisation et une symbolisation des éprouvés sensoriels et affectifs, favorisant l’intégration de l’excitation, des perceptions, ce qui constitue une première étape vers une élaboration de l’agir. » [13]

Au regard de la littérature, le protocole de prise en charge en groupe de parole à médiation olfactive apparaît donc répondre aux besoins des sujets, en tant qu’exposés à des événements traumatogènes ayant enrayé leur construction, et par là même leur fonctionnement, en permettant de travailler la question des émotions, parfois absentes-déniées, ou mises à distance-ce qui freine la possibilité d’un travail psychothérapique. Cette prise en charge semble donc ouvrir le champ des possibilités de prise en soins.

Cadre méthodologique de la recherche

Il s’agissait ici de mener une recherche exploratoire dont l’objectif était de décrire la population qui nous a intéressée. La démarche adoptée fut à la fois rétrospective et prospective. L’échantillon étudié s’est composé de 5 patients de sexe masculin Auteurs d’Infraction à Caractère Sexuel incarcérés[1], et qui ont été orientés vers une prise en charge groupale à médiation olfactive par l’équipe de soins du Dispositif de Soins pour Auteurs de Violences Sexuelles.

Recueil des données

Nous nous sommes attachés, à partir des dossiers médicaux des patients, à rechercher les informations telles que les caractéristiques sociodémographiques, les antécédents psychiatriques, médicaux, les événements de vie (traumatogènes notamment). Des données cliniques ont été notées, telles que les défenses mises en place par les patients (déni, clivage, déni ou mise à distance des affects, etc.), les postures relationnelles, etc. Egalement, nous avons relevé les indications des thérapeutes référents des sujets en faveur d’une orientation vers la prise en charge en groupe à médiation olfactive, notamment les difficultés d’identification, de verbalisation des ressentis, voire l’absence d’affect au sein du discours des patients.

Trois outils psychométriques ont été utilisés au cours de ce travail de recherche[2]. Tout d’abord la TAS-20 (Echelle d’Alexithymie de Toronto), traduite et validée par LOAS et al. afin d’appréhender la présence ou non d’une alexithymie chez les sujets.

Puis le MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview French Version), entretien structuré créé par SHEEHAN pour la version anglaise (1998), traduite en français par LECRUBIER (1997), afin d’évaluer les comorbidités psychiatriques, et de situer le traumatisme et ses conséquences au sein de la psychopathologie habituelle du sujet.

Enfin, la CAPS-1 (Clinician Administered PTSD Scale), de BLAKE et al. (1990) pour la version anglaise, de SAINTONGE (2000) pour la version canadienne-française. Cet outil, a permis d’évaluer la présence actuelle d’un ESPT, d’appréhender les troubles post-traumatiques survenus dans le passé des sujets et les éventuelles répercussions actuelles. La « Liste de vérification d’événements de vie », incluse dans la CAPS-1, a aussi été administrée, afin d’évaluer le critère A de l’ESPT tel que décrit par le DSM-IV et nous a permis de rendre compte des événements traumatiques rencontrés par les sujets.

Résultats et analyse

Nous pouvons déterminer d’après les données obtenues lors des passations de la TAS-20, que 3 des sujets présentent une alexithymie, 1 est considéré comme dans la catégorie « intermédiaire », et 1 comme non alexithymique (à savoir le sujet n°1).

L’absence de comorbidités psychiatriques actuelles (telles qu’un épisode dépressif majeur par exemple), nous permet d’écarter l’influence de celles-ci sur le rapport des sujets à leurs émotions concernant les 3 considérés comme alexithymiques, selon leur score supérieur à 56 à la TAS-20. Les données cliniques recueillies au sein des dossiers médicaux informatisés des patients ont pu confirmer cette difficulté vis-à-vis des ressentis, décrite comme « froideur affective » chez certains. Toutefois, la passation de la TAS-20 étant préalable à la confrontation récente du sujet n°1 à un événement traumatogène en détention, il aurait été judicieux d’effectuer un retest.

Au regard des résultats obtenus lors des passations de la CAPS-1, nous pouvons souligner que tous les sujets ont été confrontés à des événements traumatogènes. Nous pouvons déterminer que 2 sujets présentent la symptomatologie d’ESPT « vie entière ». Aucun des sujets ne la présente actuellement, même si la symptomatologie d’un Etat de Stress Aigu a pu être retrouvée chez le sujet n°1. Le sujet 2 répond aux critères de l’ESPT « vie entière » mais le score total déterminant la présence d’un ESPT n’excède pas 60.

Par ailleurs, nous avons pu noter au sein des données cliniques issues des dossiers médicaux, des caractéristiques communes entre la clinique du trauma complexe et la description de leur économie psychique perçue par les thérapeutes du D.S.A.V.S., ainsi que la présence de nombreux facteurs de risque de développer un ESPT. Sont retrouvés notamment chez certains un trouble de la personnalité, des antécédents de violences sexuelles, une accumulation d’événements traumatogènes, une problématique addictive (chez le sujet et sa famille), ou encore une faible qualité du support social.

Discussion et Conclusion

L’apport théorique de la littérature nous a apporté un regard encourageant vis-à-vis de l’hypothèse selon laquelle la prise en charge en groupe de parole à médiation olfactive des patients A.V.S. serait pertinente pour permettre le retour des émotions, particulièrement chez les sujets alexithymiques, ce qui ouvrirait le champ des possibilités de prise en soins.

L’analyse du corpus laisse entendre une tendance à la validation de notre hypothèse, nonobstant le fait que cette recherche exploratoire doit être approfondie. En effet, les 5 sujets présentent des difficultés en lien avec leurs émotions, dont trois sont considérés comme alexithymiques. Ils ont tous été confrontés à des événements traumatogènes (plusieurs événements uniques ou événements répétés), deux présentent un indicateur d’ESPT « vie entière », aucun ne satisfait actuellement les critères de la symptomatologie d’un ESPT mais l’un d’entre eux présente celle d’un Etat de Stress Aigu.

Les limites des outils utilisés dans cette recherche sont à mettre en exergue au sein de notre propos. D’une part l’échantillon de sujet était trop peu important, d’autre part le mode de recueil de données ainsi que le choix des outils psychométriques, qui ont parfois atteint leur limites, au regard de la clinique si particulière des sujets. En effet, les défenses massives des sujets face à leurs angoisses, leurs souffrances (dénégation pouvant aller jusqu’au déni de celles-ci), leur fonctionnement alexithymique, l’ancienneté des événements traumatogènes inscrits dans leur histoire et leur construction, ont pu biaiser le recueil de données. C’est pourquoi il a été nécessaire d’étayer et nuancer celui-ci au regard des données cliniques recueillies au sein des dossiers médicaux informatisés des sujets. Les résultats psychométriques sont donc à considérer avec prudence.

Enfin, afin de poursuivre ce travail de recherche, il nous apparaît pertinent, d’adopter par la suite une démarche prospective sur un laps de temps plus important, afin de faciliter le recueil de données et de l’étoffer. Il sera nécessaire d’utiliser des outils davantage adaptés à la population étudiée, notamment le Structured Interview for Disorders of Extreme Stress-Self-Report (SIDES-SR), de PELCOVITZ, VAN DER KOLK, ROTH, MANDEL, KAPLAN & RESICK (1997), lorsqu’il aura été traduit et validé scientifiquement en français, afin d’évaluer la présence d’un traumatisme complexe/DESNOS [15].

La suite de cette recherche pourra être naturellement d’évaluer l’efficacité de cette prise en charge en groupe de parole à médiation olfactive des patients A.V.S. au passé traumatique, au sein du D.S.A.V.S.

[1] Le fait que les sujets soient placés sous main de justice fait d’eux des personnes vulnérables. Effectuer une recherche auprès d’un tel public nécessite une vigilance particulière, au regard du Comité de Protection des Personnes (C.P.P.). La prise en charge étudiée étant habituelle, elle ne modifie pas les conditions de suivi des sujets et ne nécessite donc pas un avis du C.P.P. Toutes les données recueillies le sont dans le dossier médical informatisé des patients, il s’agit donc d’une étude observationnelle. Les outils utilisés sont considérés comme faisant partie de la prise en soins de ceux-ci ; par ailleurs effectuer la passation de questionnaire ne relève pas de la recherche biomédicale.

[2] Les outils concernés faisant référence au DSM-IV-TR, les résultats ne sont pas étayés à l’éclairage du DSM-V, mais celui du DSM-IV-TR.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] ROMANO E., DE LUCA R.V. (1997). Exploring the relationship between childhood sexual abuse and adult sexual perpetration. Journal of Violence Family, n°1, 85-98.

[2] VANDERSTUKKEN O., LAMY S., DELAVENNE H. (2014). Les auteurs de violences sexuelles : agresseurs agressés. Résultats préliminaires de l’étude EPIPARA. European Psychiatry, n°8, Supplement, 623.

[3] BIRMES P., KLEIN R. (2006). Facteurs prédictifs et évolution du trouble de Stress post-traumatique. In JEHEL L., LOPEZ G. et al. Psychotraumatologie: évaluation, clinique, traitement. Paris : Dunod, pp.49-56.

[4] SENON, J.-P. (2001). Quelles sont les théories actuelles concernant les causes impliquées dans les agressions sexuelles ? In Fédération Française de Psychiatrie, Psychopathologie et traitements actuels des auteurs d’agression sexuelle. Conférence de consensus, 22-23 nov.2001, Paris : John Libbey Eurotext, pp.195-199.

[5] CORCOS M., GUILBAUD O., SPERANZA M. (2003). Approche psychanalytique de l’alexithymie. In CORCOS M., SPERANZA M. Psychopathologie de l’alexithymie, Paris : Dunod, pp.45-63.

[6] KEDIA M., EL FARRICHA M. (2013). Hypnose, in KEDIA M., SABOURAUD-SEGUIN A. et al. L’aide mémoire de psycho-traumatologie. 2ème édition, Paris : Dunod, pp.297-303.

[7] CIAVALDINI A. (2013). Meurtrir / intercontenir : la question de la symbolisation dans l’agression sexuelle. Journées nationales de l’ARTAAS Du recours à l’acte sexuel violent à la symbolisation : quels processus de soin ?, Paris, 31 janvier et 1er février 2013 (non publié).

[8] LECA H. (2011). Sensorialité, perversion et affects : penser l’agression sexuelle à partir de la clinique de groupe à médiation sensorielle olfactive en milieu carcéral. 6ème Congrès International Francophone sur l’agression sexuelle, Cahier des résumés. Montreux, 12-14 septembre 2011, p.22.

[9] CIAVALDINI A. (1999). Passivation et mobilisation des affects dans la pratique analytique avec le délinquant sexuel. Revue Française de Psychanalyse, n°5, 1775-1783.

[10] CIAVALDINI A., BALIER C. (2000). Agressions sexuelles : pathologies, suivis thérapeutiques et cadre judiciaire. Paris : Masson.

[11] Lavèze F., Campanale D. (2013). Passage par l’acte : approches thérapeutiques. Le psychodrame et le photolangage. Communication non publiée aux Journées nationales de l’ARTAAS, Du recours à l’acte sexuel violent à la symbolisation : quels processus de soin ?, Paris, 31 janvier et 1er février 2013.

[12] LE GREGAM E. (2011). La médiation sensorielle dans les petits groupes de personnes âgées. Journal des psychologues, n°285, 52-55.

[13] LECA H., BRUN A. (2012). Groupe thérapeutique à médiation sensorielle olfactive en milieu carcéral. Psychothérapies, 137-146.

[14] BIZZOZERO V. (1997). L’univers des odeurs, introduction à l’olfactologie. Genève : Ed. GEORG.

[15] ROBERGE P. (2011). Exploration du concept de traumatisme complexe. Journal International De Victimologie, n° 2, 354-363.

 

Juliette PFENDER, psychologue.

Lieu d’exercice : Dispositif de Soins pour Auteurs de Violences Sexuelles (Centre Psychothérapique de Nancy, 54)

Centre de Détention

804 rue du Maréchal Lyautey

54200 Toul

juliettepfender@hotmail.fr

2 commentaires

  1. Quand, de havre de paix, le foyer familial se transforme en enfer, il est evidemment capital de proteger les victimes et de sanctionner les agresseurs. Mais repondre efficacement a la violence masculine suppose, aussi, d’essayer de prevenir sa reiteration par une prise en charge adequate des auteurs. Selon quelles modalites ?

    • Référez-vous à l’article: “Les théories psychocriminologiques explicatives du crime, partie 3” qui abordent ce sujet sur le plan de la prédiction de la récidive.
      Des soins sont possibles, selon plusieurs modalités. En 1998, le législateur français a instauré le suivi socio-judiciaire (SSJ) pour prévenir la récidive et favoriser les efforts de réinsertion sociale de l’auteur par des mesures de surveillance, assorties éventuellement d’une injonction de soins et de mesures d’assistance.
      Le SSJ est généralement une peine complémentaire mais il peut être prononcé au titre de peine principale en matière de délit. Sa durée dépend de la nature de l’infraction.
      En cas de non respect du suivi, le condamné encoure une peine d’emprisonnement de 3 ans en matière délictuelle et de 7 ans en matière criminelle.
      Les mesures à respecter peuvent prendre différentes formes : répondre aux convocations, prévenir d’un changement d’adresse, ne pas fréquenter certains lieux.
      En cas d’injonction de soins, le condamné est suivi par un juge d’application des peines et par un médecin coordonnateur qui fait le lien entre le soignant et le juge.
      Le SSJ est une mesure utile pour les violeurs par inceste s’ils reconnaissent la réalité du ou des crimes commis. Les consensus psychiatriques considèrent que la négation durable des faits constitue une contre-indication à toute injonction de soins.
      La nature des soins dépend du profil psychologique de l’auteur :
      – le grand pervers qui s’est mis en ménage avec une mère de famille pour massacrer sa famille a tendance à ne pas reconnaître ou minimiser ses crimes et à défier la société. Il a souvent un casier judiciaire où figurent des délits variés. Il est peu accessible à des soins et devrait bénéficier de mesure coercitive comme le port d’un bracelet électronique ou la prescription de médicaments qui ont un effet inhibiteur sur le désir sexuel;
      – plus souvent, il est un sujet immature. Selon ses capacités d’introspection, il sera dirigé vers un groupe de prévention où il bénéficiera de technique de psychoéducation;
      – les sujets qui reconnaissent pleinement les faits et paraissent doter de capacités d’autocritique pourront bénéficier de thérapies individuelles.

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